Catégorie

Billets d’humeur

Billets d'humeur

Parisienne

19 novembre 2015
je-suis-parisienne-blog-lheuredete

Je suis bordelaise. J’ai aussi été parisienne. Pendant presque 7 ans.
Je vis aujourd’hui en Ile de France (vous connaissez le souci du parent qui cherche la chambre supplémentaire pour son deuxième enfant ? 😉 )
J’ai tout aimé. Ma belle Province. La Capitale pétillante. Et aujourd’hui ma vie dans cette ville familiale agréable…

J’ai souvent maugréé contre cette « Parisienne » présentée dans certains magazines. Cette parisienne qui fait vendre, qui remplit aisément les pages tel un marronnier de l’été, parfois au détriment de sujets de société de fond.
Cette parisienne créée de toute pièce, de l’ordre de la fable, qui serait nous, mais en mieux.
Cette femme intelligente et joyeuse, un peu rebelle, mince, dynamique et surtout solaire (belle belle belle comme le jour).

Cette « parisienne », cette amoureuse de la vie, cette femme habillée d’un rien mais toujours d’une élégance folle, croyez-moi, je l’ai rencontrée partout. Dans toutes les villes par lesquelles je suis passée. Mince ou gironde. Cette élégance ne passait pas toujours par le dernier maquillage-qui-ne-se-voit-pas à la dernière mode. Il y a de l’élégance derrière tant de femmes qui passent leur vie à s’occuper des autres.

Lire la suite du billet Lifestyle de L’heure d’été

Rendez-vous sur Hellocoton !
Billets d'humeur

L’école de la République

16 novembre 2015
ecole-de-la-republique

C’est la troisième Guerre Mondiale, Maman ?

C’est l’une des questions que m’a posée ma fille de CE2 ce week-end, avec un regard rempli d’émotion. La claque.

Les enfants, les adultes, n’ont pas eu le temps de panser les plaies de janvier. Il faut donc de nouveau écouter les remarques effarées de nos enfants… mais en version XXL. A chaque épisode vécu en cette triste année, les enfants sont comme nous. Ils encaissent. Mais la violence de ce qu’ils affrontent est décuplée. Parce que ce sont des enfants. Parce qu’ils ne peuvent mettre en place le moindre filtre pour tenter de se protéger des chocs et de la douleur.

Aujourd’hui, nous en sommes là en tant que parents.
Répondre à des questions sur la Guerre.
Jouer le rôle de filtre et de protection.
Tenter de trouver quelques réponses adaptées aux enfants.
Tenter d’accompagner – sans accentuer – l’onde de choc.
Tenter de limiter l’accès aux images (à l’heure de l’hyper information… bonjour le défi).

Et mentir aussi. Un peu. En expliquant que les méchants ne sont pas parvenus à laisser durablement de la peur dans notre cœur. Même si cette peur est compréhensible. L’idée n’est pas forcément de ne pas avoir peur, mais de ne pas céder.
En réalité, vendredi, à une autre heure, j’aurais pu perdre mon mari, qui, comme bien des personnes, est passé dans Paris plusieurs fois par les lieux du drame. J’en tremble encore. Mais j’ai tenu à jouer la Maman rassurante. Cette information-là, mes enfants n’ont pas à la connaître.
Évidemment, je refuse d’organiser ma vie autour de la peur. Je vais cependant mettre quelque temps à oublier que j’aurais pu être veuve vendredi.

Cela dit, je me sens tellement étrangement chanceuse. Le hasard a épargné mes proches. Mais je me sens si choquée.
Et tellement solidaire des familles touchées par l’horreur.

———

Je pense aux familles endeuillées ou choquées. Je pense aux survivants. Je pense aux témoins.
Je pense aux forces de l’ordre, aux sauveteurs, aux médecins, aux aide-soignants
Je pense à cet élan de solidarité : les portes ouvertes dans Paris, les personnes qui ont souhaité donner leur sang…
Je pense à cet élan mondial, à ces beaux messages envoyés à la France.
Je pense enfin à nos Valeurs, à notre joie de vivre si lâchement attaquées.
Je pense à la jeunesse française. Je pense à nos enfants.

———

Ce week-end, comme nombre de parents, mon mari avons beaucoup parlé à nos choupidous. Le plus posément possible. D’abord à notre façon, avec des mots simples. Et puis à l’aide du Petit Quotidien et d’Astrapi, qui avaient préparé des dossiers soignés. Nous étions particulièrement émus. Touchés. Mais nous avons pris soin de nous présenter comme des figures rassurantes. On ne pouvait pas faire beaucoup plus.

Nous avons tenu à envoyer à nos enfants un message d’unité, de lien avec les autres, d’Amour. L’Amour, l’élan de Vie. L’Amour là où les terroristes nous proposent la mort, le néant la barbarie.

Nous avons parlé de la devise de la France. Encore.
Liberté, Égalité, Fraternité. Elle est belle notre devise, n’est-ce pas ?
On y a passé de temps. C’est quoi, pour nous, la Liberté ? Quelles sont nos Valeurs, celles qui nous relient aux autres français ? … Quelles sont les valeurs qui font lien entre les personnes qui se respectent, dans différents pays ?

Nous avons aussi parlé de la devise de Paris, « Fluctuat nec mergitur ». Parce que les images sont parfois des béquilles sur lesquelles s’appuyer.

Nous n’avons pas voulu nous rendre à Paris, comme en janvier, lors de la grande manifestation. Tout simplement parce que nous estimions que les forces de l’ordre avaient autre chose à faire que de veiller sur de nouveaux rassemblements.

———

Et aujourd’hui. Et cette semaine… Et la vie qui reprend son cours…
Lire la suite du billet Lifestyle de L’heure d’été

Rendez-vous sur Hellocoton !
Billets d'humeur

Pause

3 septembre 2015
pause-campagne-été

Et voilà le soir, déjà.
Mes choupinets terminent des mots fléchés à côté de moi… Ils sont tellement sages ! De vraies images, c’est fou. J’ai de la chance, je me le dis souvent. Ils sont si gentils, si tendres, si drôles. (Oui, tellement de mamans disent cela de leurs enfants, en toute impartialité, bien évidemment… Je me fais plaisir aussi ! 😉 )
De mon côté, j’ai des envies de couleurs, des envies de douceur. Comme un besoin particulier de panser mon âme. Juste un peu de vert et de bleu, pour aller mieux.

Faire une pause. Res-pi-rer. Se relaxer. Et retourner quelques instants à la campagne, en juillet.

Je vous envoie des rayons de soleil. Beaucoup.
De mon côté, je ne serai pas présente sur le blog demain. Une journée tout en sprint s’annonce, avec mille et une choses à faire avant le soir. Tant mieux, je suis heureuse de ce planning chargé… mais passionnant.

Passez un bon week-end !

 

campagne-été

campagne-été

Rendez-vous sur Hellocoton !
Billets d'humeur

Quand la presse française se tait, l’humanité fait naufrage

3 septembre 2015
drame du jeune aylan retrouvé sur la plage

Fallait-il publier l’insoutenable ?
Fallait-il montrer l’horreur d’un enfant mort noyé sur la plage, pris dans les bras par un gendarme turc, impuissant face à l’inadmissible ? A quel moment fait-on preuve de lâcheté ?

A partir de quand détourner le regard est-il une trahison ?

C’était ce matin. Ce jeudi 3 septembre.
Aujourd’hui, il fallait avoir le cran de publier cette image absolument atroce d’Aylan Kurdi, gisant sur le sable, près de l’eau.
Impudique. Terrible. A déclencher la nausée.

*

un petit garçon, aylan, gisant sur la plage de bodrum

*

un gendarme tenant dans les bras aylan

Le symbole était là.
Symbole de notre impuissance.
Symbole de l’horreur de ce qui se joue loin… et si près de nous en même temps.

Cette image, c’est celle de cet enfant de 3 ans, Aylan, sur une plage de Bodrum. C’est celle de son frère Galip, 5 ans, qui est mort aussi, certainement en tentant de le sauver. C’est l’image du drame des personnes sur ces deux embarcations qui ont coulé de nuit, en arrivant en haute mer alors qu’ils cherchaient à rejoindre l’île grecque de Kos. C’est celle de ceux qui ont choisi de monter à bord. C’est celle de toutes ces familles qui se demandent si elles doivent partir ou rester. Que ferions-nous à leur place ? Aurions-nous le courage d’affronter la mer ? Je sais bien, en mon for intérieur, que je n’aurais sans doute pas osé prendre le risque de la noyade. Alors comment aurais-je pu sauver des bombes ma famille, mes enfants ? Je n’y serais certainement pas parvenue.

Ce petit garçon, Aylan, venait de Kobane, ville de Syrie touchée de plein fouet par de violents combats entre djihadistes de l’Etat islamique et miliciens Kurdes de la zone. Aylan et les corps de 11 autres personnes ont été trouvés sans vie par des sauveteurs. Un drame parmi tant d’autres.

Il y avait ce matin un enjeu. Un enjeu humain et politique. Et cet enjeu passait à mon avis par une photo. Car une prise de conscience collective se fait souvent ainsi, par l’image. Il ne s’agit pas en ce cas de voyeurisme. Il s’agit d’oser regarder en face un drame. Il s’agit d’une France qui pourrait redevenir Terre d’accueil. Comme d’autres pays doivent aussi le faire. Il s’agit de se dire que, même si nous ne pouvons accueillir à nous seuls tous les réfugiés, nous devons prendre une participation active à l’accueil de ces personnes. Si tous les pays acceptent de faire un geste, alors il y aura des vies en plus de sauvées. A nous seuls il est plus difficile d’agir, mais nous pouvons commencer au lieu d’attendre. Commencer et demander aux autres de faire comme nous… au lieu d’être pétrifiés.

Le monstre de l’immobilisme est installé depuis trop de mois. La Bête noire.

Je ne comprends pas la presse française. Toute la presse européenne a choisi de placer en grande Une cette image d’Aylan pour faire bouger les mentalités. Sauf la France. Un silence qui m’a fait mal. Un silence qui m’a mis les larmes aux yeux. Une silence inouï, alarmant, cruel et inhumain. Même le Sun, hostile aux migrants, vient de lancer un appel à David Cameron. C’est dire.

Cette photo n’était pas du sensationnel. Cette image fait écho à cette fillette nue brûlée par le napalm, à l’horreur des camps nazis. Publier cette photo est évoquer tout ce qu’elle fait voir en filigrane. C’est réveiller la part d’humanité en chacun de nous.

Cet enfant, c’est moi, c’est vous, c’est nous.

Que faire, maintenant ?

Il se dit à la radio que Le Monde va la publier cet après-midi. Mieux vaut tard que jamais.

Voilà. Un billet très vite écrit (je prends ma plume lors d’un court moment de pause, le temps me manque pour rédiger un meilleur texte, malheureusement). Je regrette d’avoir à écrire ces lignes dans un blog qui n’a rien à voir avec les grandes actualités et qui n’aura qu’un faible écho. Mais se taire était pour moi impossible. J’ai besoin d’écrire quand je vais mal. J’étais déjà persuadée que nous devions, avec nos voisins, prendre nos responsabilités dans l’accueil ces réfugiés politiques. Ces personnes n’ont d’autre choix que celui de fuir. Mais aujourd’hui, je ne peux repartir dans un autre article comme si la vie était simplement un long fleuve tranquille.

Avant de vous quitter, il est intéressant de se demander pourquoi ce drame atroce fait soudainement ouvrir les yeux de l’Europe. Pourquoi cette photo et pas une autre ? J’ai dans l’idée que les discours récents d’Angela Merkel y sont pour quelque chose. Elle vient de décider cet été de garder en Allemagne les réfugiés syriens. Et voilà que surgit Aylan. Le corps du petit Aylan gisant sur cette plage, alors que beaucoup d’entre nous venons de passer des vacances en famille, parfois près de l’eau. Aylan nous tend un miroir. A nous de ne pas détourner le regard.

Au-delà de l’émotion qui traverse les pays européens, j’espère que les choses vont changer. Aujourd’hui, on ne peut plus dire que l’on ne sait pas. Abordons désormais la crise des réfugiés sous l’angle des droits de L’Homme. Réveillons nos consciences face à leur sort. Je n’ai pas de solution clé en main, mais si nous pouvions cesser d’avoir peur, nous pourrions peut-être commencer à enfin réfléchir et agir. Et si nous commencions par tendre la main ?

Aujourd’hui, j’ai la nausée. Je suis indignée. (Je voudrais être surtout utile au lieu d’être simplement indignée… Ce n’est pas évidement.) J’ose espérer que, si chacune à son niveau, une multitude de voix s’élève pour demander que la France tende la main aux familles touchées par l’horreur, il se passera peut-être quelque chose.

Je veux croire que demain sera meilleur.

Nathalie

PS. Exemple de Source : le journal de Montréal.

PPS. Merci de m’avoir lue.  Je tiens à souligner que je me méfie d’habitude des images choquantes et du sensationnel. Mais je pense qu’on est ici dans l’image de guerre et le symbole ; un fait qui devait être traité par la presse.
Toute personne qui répondrait à ce billet de façon injurieuse verrait ses propos purement et simplement mis à la poubelle. Merci de vos réactions modérées.

Rendez-vous sur Hellocoton !
Billets d'humeur

Une chic fille : la vie du bon côté

28 mai 2015
blog lheuredete vie du bon cote

J’ai été une chic fille, les amis, récemment. en particulier depuis environ deux semaines.
Digne, sympathique, joyeuse, enthousiaste. (Ouh, la menteuse ! 😉 ).
Comme vous le savez, je cherche toujours à voir la vie du bon côté. « Love Life », c’est bien ce que j’ai marqué sur mon profil Instagram. Ha-ha-ha. La bonne blague de celle qui voit toujours la vie du bon côté. Je vous explique cela ?

Mi-mai, j’ai passé un magnifique moment en famille à Londres.
5 jours de bonheur où mon mari, mes enfants et moi avons avons marché, marché et encore marché. Le voyage a été magnifique. Les enfants ont tenu chaque grande journée sans ronchonner ou demander à se reposer. Tellement émus par cette parenthèse enchantée, ils ont suivi. J’espère vous mettre quelques photos sur le blog, un jour, quand j’en aurai le temps.

Et puis le dernier jour, 3 heures avant le départ de l’Eurostar : Tadaaa ! Je suis tombée en plein marché de Covent Garden. (Call me Gaston Lagaffe.) Et hop, une cheville foulée : une belle entorse venait de naître.

La sensation pendant la chute :

Quand je me retrouve célibataire après avoir quitté mon mec<br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br />
When I&rsquo;m single again after breaking up with my boyfriend

Les amis, Londres a bien failli me retenir par le pied :

Jean Dujardin reçoit un Oscar

Nous avions en effet décidé de déambuler une petite heure dans Londres et de ne rejoindre ensuite la gare de Saint Pancras qu’au dernier moment.
Les anglais sont des êtres charmants (ils nous ont certes volé les J.O. de 2012, mais on les adore quand même, hein ! ^^).
Les personnes du marché ont été véritablement adorables quand j’ai eu mon souci. Les restaurateurs m’ont donné très rapidement de la glace et une chaise. Un vigile a même voulu m’envoyer à l’hôpital (je ne vous dis pas à quel point j’ai dû le supplier d’annuler l’ambulance qu’il avait demandée. Je voulais prendre mon train !).

Bref.
De retour en banlieue parisienne, par acquis de conscience, le soir même, je passe une radio à l’hôpital. Le verdict tombe : il y a une fracture de la malléole, il faut plâtrer. Le plus important est de ne plus marcher pendant 4 à 6 semaines.

28 Ways In Which We Are All Bridget Jones

*

Je dois admettre que je ne l’ai pas très bien pris.
Grande montée de stress (tout à l’intérieur ! ).

 

Ce petit « rien » dans ma vie (car il faut avouer que ce que j’ai n’est franchement pas grand chose) est en lien avec le lâcher-prise dont je suis incapable. M’arrêter alors que je l’ai pas décidé ? Jamais ! (Et pourtant…)

Mais… les enfants ? L’école ?  Les activités ?
Mais La douche… comment faire pour la douche ?
Et manger ? Je mange comment tous les jours, seule à la maison ?
Et mon travail d’auto-entrepreneur ? Je le continue comment ? Cet hiver, il a déjà été en partie ralenti à cause d’une belle entorse au même pied…. Rah.

Ce qu'on disait de The Artist avant sa sélection à Cannes

Le médecin m’a gentiment regardée en souriant, avant de me répondre :
« Que voulez-vous, ce n’est jamais le bon moment ! »
(Il était plus philosophe que moi, ce sage homme… Ce n’est pas très difficile.)

*

Je vous passe le moment en culotte – ça va, ce n’était pas la pire-, à côté de mon mari qui me tenait la main.
J’étais juste devant l’interne, allongée avec le pied en l’air.
J’avais une pensée stupide en tête, mais qui ne me quittait pas (honte suprême) :
Oh, ça va, j’ai les gambettes épilées, il ne va pas se moquer de moi.
Mais oui. Vous avez bien lu. Genre : je vais avoir un plâtre sur la jambe, mais au moins, j’ai une peau de pêche et un slip tout à fait acceptable. Ne cherchez pas, on ne contrôle pas les mille et une choses qui nous traversent l’esprit dans ces cas-là.

Lire la suite du billet Lifestyle de L’heure d’été

Rendez-vous sur Hellocoton !
Billets d'humeur

Accueillir le printemps… et ses 40 ans

15 mars 2015
paquerette-printemps

Mars est enfin là… beau mois rempli de belles promesses. Cette sensation d’émerger en même temps que la nature reprend des couleurs est délicieuse. Quel bonheur de voir la lumière le matin en ouvrant les volets. Je me sens profondément heureuse quand les rayons du soleil sont plus vifs et que moineaux, rouges-gorges et pies reviennent picorer dans l’herbe, près de mes fenêtres. Chaque année, la douce venue du printemps a un effet hautement bénéfique, comme si une brume de fatigue se dispersait. La maison est remplie de nouvelles fleurs… Et mon cœur fait piou-piou-piou. Mes enfants (toujours bondissants, les petits choux) m’ont offert mercredi mes premières pâquerettes de saison : même la pelouse d’Île de France se réveille !

Dans mon esprit, ces délicates fleurs blanches seront toujours associées à mes années d’étudiante à Bordeaux. Avec mes ami(e)s, nous nous asseyions parfois dans l’herbe pour deviser sur le monde (et parfois sur la gent masculine, je l’avoue). C’était quand même une chouette période. Il y avait certes ces fameux examens qui me me pétrifiaient, mais j’étais dans le pur bonheur d’assister à des conférences et des cours passionnants. Vous vous doutez que les plus satisfaisants étaient donnés par des profs de 35 ans, beaux éphèbes-enseignants. Forcément. Et puis j’allais ensuite parfois danser le vendredi soir avec une grande amie -qui est restée une grande amie, la vie est belle !-.

Les pâquerettes, c’est également un souvenir en musique. Qui, dans la salle, connaît la chanson des Innocents, L’Autre Finistère ? Une étudiante la chantait souvent quand elle prenait sa pause déjeuner dehors. Immanquablement, elle me la mettait dans la tête pour toute l’après-midi.

« Il est un estuaire, à nos fleuves de soupirs
Où l’eau mêle nos mystères et nos belles différences
J’y apprendrai à me taire et tes larmes retenir
Dans cet autre Finistère, aux longues plages de silence »

Ouaip. Parfaitement.

C’est à ce moment-là que l’on saisi que je n’ai plus vingt ans mais 39,9. (Humpf.)  Je m’en moque : je viens de m’acheter un superbe verni à ongles pour faire diversion. Je garde ainsi un teint de rose… côté mains !

Pour le visage, je feins d’ignorer cette petite tache beige-caramel qui commence à poindre sur ma joue. M’en fiche. [Flagrant délit de mensonge], car une conseillère beauté m’a récemment dit… Enfin, s’est exclamée sans pudeur aucune dans une boutique :

Oh Non, vous allez avoir 40 ans ? 40 ans ? Je ne l’aurais pas cru !

Imaginez la mine effarouchée de la jeune femme, apparemment désolée pour moi. Gna. Elle avait un petit air de Joey, dans Friends.

http://33.media.tumblr.com/db6dfee3bd88eccd6861cb68977ff0b6/tumblr_mlkfqm66Vs1qaiopso6_500.gif

Lire la suite du billet Lifestyle de L’heure d’été

Rendez-vous sur Hellocoton !
Billets d'humeur

Marcher ensemble : liberté, égalité, fraternité

12 janvier 2015
rassemblement-republicain-boulevard-voltaire

Dimanche j’ai marché. Dimanche, nous avons marché. Ensemble. Que c’était bon, apaisant, réconfortant.

Qu’elle était belle cette marche républicaine. Cette marche en harmonie, sans heurts.

Nous parlions ou nous nous taisions selon les moments. Nous nous tenions la main, aussi. Nous avions besoin d’un peu de baume à l’âme.

Dimanche, nous étions près de 4 millions. A l’unisson. Les jeunes, les anciens. Même un vieil homme avec sa canne. Frêle et si fort à la fois. C’était une auberge espagnole. C’était notre pays dans toute sa beauté. Toutes couleurs de peau, toutes religions, tendances politiques mélangées.

 liberte-egalite-fraternite

Il y avait ces policiers avec qui les gens discutaient paisiblement avant la marche.
Il y avait des juifs, des musulmans, des catholiques, des protestants, il y avait tous ces gens qui mélangeaient sans le dire leur religion car ils ne l’affichaient pas, il y avait des athées et des agnostiques, il y avait des Franc-Maçons…
Il y avait moi, frileuse que je suis avec mon écharpe et mon bonnet parce que, tout de même, c’est bien de défiler avec un peu de chaleur autour du corps. Mais ce bonnet et cette écharpe ne venaient que compléter la chaleur humaine qui était palpable Place de la république, Boulevard Voltaire… et bien ailleurs aussi.
Il y avait cette gentillesse entre personnes qui ne se connaissaient pas.
Il y avait ces visages éclairés, ces sourires pour mettre autant de lumière que possible dans la rue.
Il y avait le magnifique poème d’Eluard, Liberté.
Il y avait ce nom, Charlie.
Il y avait ce ballon blanc que nous avons longtemps suivi et que nous trouvions beau, sur lequel étaient inscrits ces mots :

Je Suis Charlie, Flic, Juif. Je Suis la République.

Il y avait toutes ces pancartes avec les devises de la France.

On y lisait liberté, égalité, fraternité,

On y lisait solidarité. On y lisait du sens, de la vie, du Vivre ensemble.

 

place-republique-paris

Il y a eu les nombreux applaudissements, cette façon de recréer du lien, cette façon de nous serrer les coudes.

Et puis il y a eu ces chants de la Marseillaise. Peut-être parce que cette chanson était connue de tous. Peut-être parce qu’on n’a pas encore fait mieux (« sang impur »… comment dire ? J’ai mal en entendant ces mots). Il y avait ces différentes façons de la chanter cette Marseillaise et notamment ces moments si particuliers où elle fut chantée en douceur.

Les grands mouvements de foule me font souvent peur. Pourtant, quelle foule digne. Quelle foule sobre. Quelle foule patiente. Hier, en définitive, je ne voyais plus une foule mais une somme de familles, dans leur diversité, mais dans leur unité, aussi.

J’ai eu l’impression de RESPIRER. Respirer enfin. De reprendre une bouffée d’air après avoir eu la sensation que la vie se figeait.

Nous étions un peuple. Nous étions la France. Il y avait Paris, certes, mais aussi ces milliers de personnes dans toutes les villes de notre pays.
Tant de peuples étaient avec nous ce jour-là en marchant, eux aussi, pour la liberté et la fraternité. Qu’ils en soient remerciés, tout autour du Monde.

rassemblement-place-republique

Je sais que cette marche républicaine a un côté angélique. Je sais qu’il y a ou qu’il y aura des récupérations.
D’autre part, pendant que nous tentons de panser nos plaies, l’ignominie continue. Je pense par exemple au Nigéria, à ces femmes, ces hommes, ces enfants qui viennent d’être atrocement attaqués.

Je me réveille ce matin en me disant « Et après ? »

Bien évidemment, je n’oublie pas que dans les hommes et femmes politiques qui se sont déplacés (merci à eux), certains avaient un culot incroyable de se mêler à ce moment d’union.
Je n’oublie pas non plus que nous ne marchions pas tous pour les mêmes raisons.
Je n’oublie certainement pas le fait que Charlie Hebdo luttait contre les symboles et que cette marche était un symbole à elle seule ; cela dit, il s’agissait aussi de refuser d’être dans l’immobilisme et de laisser le silence s’installer. Car après le silence, il y a le néant.

Mais, à défaut de pouvoir être dans un monde parfait, nous faisons avec les moyens du bord.
Et, franchement, les moyens du bord, hier, étaient magnifiques.

Aujourd’hui je parle à chaud. Mon propos n’est sans doute pas assez abouti. Mais il me semble que, dans certains cas, il est bon de s’exprimer. S’exprimer pour ne pas laisser de terribles voix parler à notre place.

Lire la suite du billet Lifestyle de L’heure d’été

Rendez-vous sur Hellocoton !
Vous êtes ici :